Dominique (sur un clavier qwerty)

La terre qui ressemble etrangement au paradis.

Je debarque avec mon velo par l express des iles a Roseau, par malheur dans le meme timing qu un navire de croisiere bourre d americains. Je fuis les propositions “American?” “Taxi?” et me refugie dans un jardin un peu plus haut. Des enfants viennent me parler, me questionnent sur mon voyage, demandent a feuilleter mes livres. Des dominicains s arretent pour discuter…

Et je raconte la suite plus tard, les chinois vont fermer la route et on ne pourra pas rentrer si on tarde! Une longue longue histoire ūüôā

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Guadeloupe: Basse Terre

Mon tour de Guadeloupe est achev√©. Je pars demain matin pour la Dominique. Et j’√©crirai de plus longs r√©sum√©s et comptes rendus de mes aventures plus tard (j’ai enfin v√©cu ma premi√®re crevaison! Un jeu d’enfant!). J’ach√®ve juste ma carte Googlemap et l’ajout de vid√©os pour la transatlantique.

Le temps ici est pr√©cieux ūüôā

(et oui oui tout va toujours à merveille!)

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Guadeloupe: Grande Terre

Je quitte le bateau, traverse le port sur mon vélo et soudain mon coeur que je sentais lourd se libère, et sous la pluie qui se met à tomber je me sens légère, libre.

Première étape chez Alex, premier contact couchsurfing direction Mare Gaillarde après Le Gosier.

Distance totale parcourue: 250,7km
En Guadeloupe: 28,62km
Vitesse moyenne: 13,8km/h

Alex vit dans un petit studio, il s’y sent bien, cela se voit, et il le dit. J’en profite pour donner des nouvelles en m√©tropole et g√©rer la logistique pour la suite. Je me couche dans son canap√©, fatigu√©e et heureuse. Je pense √† tout ce que je ne raconterai pas, √† toutes ces informations, ces choses de mon voyage qui sont vou√©es √† se perdre. Comment dire?

Jour16: 14 juillet:

Matin√©e marche de reconnaissance et apr√®s midi plage au Petit Havre. Images des d√©fil√©s et de Nicolas Sarkozy sur l’√©cran de la t√©l√©vision. Tout cela est tellement loin. Alex et son histoire, ses histoires extraordinaires. R√™ves √©tranges qui s’intercalent au milieu du film Shuttle Island quand mes yeux se ferment. Demain je reprends la route.

Deuxième étape Couchsurfing: Le Moule chez Molly et Nico.

Je fais un d√©tour par Saint Fran√ßois. La route est belle, il fait chaud. Le plus dur, c’est de trouver la maison en elle m√™me. Molly est am√©ricaine, on s’essaye √† la cuisine antillaise et elle s’attaque aux poulpes avec un gratin de l√©gumes.

Gratin de christophines, igname et banane, façon Molly

Eplucher les christophines et l’igname. Couper en deux et enlever le noyau des christophines.
Laver les bananes, couper les bouts en laissant la peau, couper en deux et inciser dans la longueur. Faire blanchir (cuire quelques minutes √† l’eau) igname, christophines et bananes.
Couper en fines rondelles. Disposer dans un plat une couche d’igname. Recouvrir d’un peu de cr√®me battue avec un oeuf + oignon + ail. Puis une couche de christophines, une couche de cr√®me, puis une couche de banane saupoudr√©e de gruy√®re.
Enfourner et faire cuire jusqu’√† ce que les l√©gumes soient tendres!

Le lendemain, apr√®s une visite de la Pointe des ch√Ęteaux, Molly m’emm√®ne faire de la plong√©e √† Port Louis. Bapt√™me! Et je ne pensais pas voir autant de poissons, autant de sortes diff√©rentes et autant de couleurs! Des gros, des tout petits, des longs, des triangulaires et noirs, jaunes, bleus, rouges, argent√©s, ray√©s,¬†tachet√©s,… Tout √ßa au milieu des oursins et d’esp√®ces de coraux √©tranges!

Sc√®nes de vie quotidienne au Moule. Le marchand de fruits que je croise 8-10 fois dans la ville dans ses livraisons. Regarder la pluie tomber depuis une terrasse en discutant avec le boulanger d’√† c√īt√©. Des sourires toujours, √† n’en plus finir.

Sur le v√©lo, ils sont nombreux √† klaxonner, √† m’appeler “Salut b√©b√©”, il y en a m√™me un entre Le Moule et Morne √† l’eau sur sa mobylette qui me d√©passe, s’arr√™te 100 m√®tres devant me regarde passer sourire aux l√®vres, repart, me double √† nouveau et s’arr√™te encore pour me voir lui passer devant. Tout cela sans animosit√© ni agressivit√© aucune. Sont dr√īles ces antillais!

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Etape suivante: Les Abymes – Dugazon. Je r√©veille Aur√©lien chez lui √† 8h, je d√©pose mes affaires, douche express et je file √† Jarry au port de Pointe √† Pitre: le Fort Saint Pierre refait escale en Guadeloupe. J’ai du monde √† revoir dessus et j’ai l’autorisation du commandant de passer le week end dessus. Je n’arriverai pas √† m’en d√©tacher, ni √† en descendre jamais compl√®tement de ce bateau. Emotion toujours.

Se r√©signer. C’est un adieu d√©finitif cette fois. Je ne crois pas √† nos retrouvailles √† nouveau.

Quelques jours chez Aur√©lien, petit baroudeur du ciel et de la terre. C’est marrant comme avec certaines personnes la complicit√© s’installe vite. Je profite de ma pause pour r√©gler la suite de mon voyage, remplir le blog, r√©pondre aux mails, etc. Les r√©cits √† l’arrache d’Aur√©lien me rassurent, je ne suis pas la seule, et surtout je ne suis pas perdue. Reste encore le bateau √† trouver pour rejoindre la Dominique, m√™me l’express des √ģles refuse de transporter mon v√©lo, voir un responsable t√īt demain avant de m’√©lancer pour le tour de la Basse Terre.

On m’a pr√©venue: √ßa grimpe. Ca promet.

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Cargo: Transatlantique

Nous sommes 7 passagers √† bord et autant d’histoires et de raisons diff√©rentes de se retrouver embarqu√©s l√†. Il y a le fils du commandant: Laslo, la femme d’un marin: Melinda, Mathieu chanteur parisien qui en profite pour √©crire et qui reprend l’avion directement arriv√© √† Fort de France, Val√©rie qui accompagne des chevaux qui voyagent jusqu’en Guadeloupe, Marie Jos√©e qui d√©m√©nage pour un temps dans son √ģle natale la Martinique, et Inge une allemande qui fait le tour complet de quatre semaines sur le bateau et redescendant donc au Havre.

A mon arriv√©e, Stelian (ou Steve voire Stelica pour les intimes) me fait visiter le bateau. Ponts, passerelle, salon passager, carr√© officier et √©quipage, salle √† manger, biblioth√®que, piscine, barbecue, ship’s office, bureau administratif, cabines et salle de sport. L’endroit r√™v√© pour une partie de cache cache g√©ante!

Le hasard veut que j’aie un ami en commun, Mansour, avec Mathieu sur Paris, que Val√©rie ait √©t√© monitrice d’√©quitation sur Ved√®ne et Roquemaure (dans le sudeuh), et que le vin que nous buvons soit celui du Cellier des Chartreux avec √©crit Pujaut sur l’√©tiquette, le petit village o√Ļ j’ai grandi. Que de co√Įncidences! Une somme de signes qui me fait me dire que j’√©tais faite pour embarquer sur ce navire.

Une √©pid√©mie de v√©g√©tarisme s√©vit sur le bateau puisque nous sommes deux v√©g√©tariennes √† bord et de plus en plus de passagers, envieux, demandent √† manger la m√™me chose que nous. Je jubile int√©rieurement pendant que Stelian s’arrache les cheveux.

Ce voyage est complètement fou! Au milieu de tous les containers, nous allons nourrir les chevaux dans leurs boxes!

Dernier ballet des containers au milieu des portiques et nous partons. Enfin. Le bateau s’√©loigne du quai, et, aid√© par un remorqueur se dirige peu √† peu vers l’entr√©e du port. Voil√†. C’est parti. La c√īte du Havre qui s’√©loigne marque comme un second d√©part apr√®s avoir quitt√© Paris. C’est le continent cette fois qui s’efface.

Derni√®re escale rapide √† Montoir de Bretagne charger quelques containers et √† moi l’oc√©an!

Les premiers jours sont les plus √©prouvants. Le temps de se faire aux mouvements du bateau. Le soir, on se croirait en pleine attraction de f√™te foraine tant on est berc√©s dans le lit, on se sent glisser dans les draps parfois. J’aime me sentir successivement pouss√©e en avant puis tirer en arri√®re dans les couloirs avec le roulis du bateau. Nous dormons √©norm√©ment, et mangeons √©galement en quantit√©, si bien que les journ√©es sont rythm√©es en fonction:

Programme à bord:

7h: Petit déjeuner
9h: Sieste
12h: Repas
13h30: Sieste
19h: Repas

Et nous sommes ravis lorsque s’intercale dans notre programme une activit√©: exercice de pr√©vention s√©curit√©, visite des machines, exploration des cales, ping pong, pot de bienvenue, ap√©ro autour de la piscine, anniversaire…
Je lis beaucoup et les journ√©es sont √† la fois courtes et infiniment longues, surtout lorsqu’intervient le d√©calage horaire qui nous ajoute chaque jour une heure de sieste! Nous prenons un malin plaisir √† nous plaindre ūüôā

Inge nous fait d√©couvrir le meilleur endroit du bateau: la proue. Il y a un petit endroit o√Ļ l’on peut s’assoir et d’o√Ļ on n’entend plus le bruit des machines. Avec juste face √† soi l’horizon infini o√Ļ se rejoignent les bleus du ciel et de l’oc√©an. La mer change de couleur toute la journ√©e, gardant toujours un bleu profond qui vire du turquoise au bleu marine en passant par le bleu roi. C’est vertigineux toute cette eau autour, et d’imaginer les profondeurs et toute la vie l√† sous la surface, tout ce qu’on ne soup√ßonne pas, tout un monde.

Nous sommes un petit village flottant. Au feu les utopies des architectes, tout cela existait d√©j√† bien avant eux! L√† au milieu de nulle part ou presque vit une petite communaut√© d’humain qui s’affairent sur cette coque de m√©tal.

Au sixi√®me jour de travers√©e, j’aper√ßois enfin mes premiers dauphins! Ils viennent jouer dans les vagues √† l’avant du bateau. Nous voyons √©galement des m√©duses (mais pas de baleines ūüôĀ ), et surprise! Des d√©chets! Toutes les cinq minutes, √† scruter l’eau, on peut apercevoir une bouteille, un sac, un morceau de polystyr√®ne, c’est choquant de retrouver √ßa jusqu’au milieu de l’oc√©an!

Nous longeons les A√ßores pour que les marins puisque capter le r√©seau mobile et appeler leurs familles. Je regarde la terre de loin. Je commence √† me faire √† ce navire, √† la vie √† bord, au bercement de la mer, et qui peu √† peu constitue un v√©ritable cocon flottant. Une coquille de noix qui prend des allures de havre de paix. Qui aurait pu croire? Qui aurait pu croire que je redoute jusqu’au moment o√Ļ je devrai regagner la terre ferme, les jambes encore chancelantes et l’√Ęme vibrant au son des vagues et des vibrations des machines?

La nuit, l’obscurit√© nous encercle, on ne distingue plus la mer et le ciel et le navire se transforme en bateau fant√īme. Des bruits, des craquements inqui√©tants, il faut oser s’aventurer! Mais dans le ciel on distingue une infinit√© d’√©toiles, un tapis scintillant. J’ai trouv√© l’endroit le plus romantique du monde: la proue d’un cargo la nuit avec les √©toiles et le bruit des dauphins qui sautent dans les vagues!

Nous arrivons le 12 juillet √† Pointe √† Pitre √† 6h du matin. J’ai peur de poser le pied √† terre. Quitter le cocon, quitter ceux qui ont constitu√© ma petite famille pour cette grande travers√©e pour me jeter dans l’inconnu de la terre ferme. L’envie de p√©daler, oui. Mais l’angoisse me ronge √† l’id√©e de d√©barquer, je suis tellement bien en mer. Je n’arrive plus √† dire au revoir. Je reste une journ√©e suppl√©mentaire √† bord.

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Paris – Le Havre

(29 juin – 1er juillet)

Jour 1:

Parcouru: 76,96 km
Vitesse maximum: 37,5 km/h
Vitesse moyenne: 14,4 km/h
Temps de parcours: 5h 25min 47s

D√©part retard√©. Derniers regards sur Paris, remonter les Champs Elys√©es sous les yeux des touristes indiff√©rents. Les premiers kilom√®tres sont les plus difficiles, le temps de se faire au poids derri√®re, sur le porte bagage. Puis la libert√©, dans toute sa violence. L’air pur et la route.

Quelques rencontres. Un bout de route avec un anglais qui va à Dieppe, à vélo également.

Pause √† Ecquevilly. C’est tellement agr√©able de pouvoir poser son v√©lo n’importe o√Ļ, d’avoir des gens souriants et qui ne souhaitent qu’aider. Quelques difficult√©s avec le chargement et la tente qui bouge, premi√®res mont√©es difficiles.

Je plante la tente un peu avant Vernon.

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Jour 2:

Parcouru: 91,34 km  ;  Total: 167,62 km
Vitesse  maximum: 44,2km/h
Vitesse moyenne (parcours total): 13 km/h
Temps de parcours:  6h32  ;  Total: 11h57min45s

Etonnamment, pas de courbatures. Le corps est prêt et disponible.

Pourtant, beaucoup de c√ītes et quelques passages difficiles qui ressemblent √† “J’y arriverai jamais”. Et malgr√© tout chaque fois je repars vite. J’avance, d√©termin√©e. Les bons moments rattrapent largement les mauvais. Comme la satisfaction infinie et la fatigue, √† voir toute la route parcourue. Il suffit de me lancer et je ne m’arr√™te plus, les premiers kilom√®tres sont toujours les plus difficiles.

H√Ęte d’arriver au Havre. Des rencontres encore. A Louviers notamment, devant sa cath√©drale. Puis Elbeuf. Petit probl√®me avec le d√©railleur qui se prend dans les aimants de l’√©clairage, je me passe des petites vitesses.

Je dors dans un champ au milieu des bottes de paille et des lapins √† Bourneville. Le chant des oiseaux, du coq le matin, le bruit du vent, l’√Ęne au loin, tous les moutons, poules, ch√®vres, moutons, ch√®vres et autres animaux que je croise, et toute la chaleur des gens que je croise et qui, dans leur sourire et leurs mots, m’apportent tellement de soutien.

Parfois je me dis que c’est un exploit de voyager avec autant de livres (Simone – de Beauvoir – p√®se lourd!). Vivement que je les donne ou que je les r√©exp√©die par colis en France.

Probl√®me: Et maintenant? Comment raconter tout ce que je vis √† l’int√©rieur?

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Jour 3:

Parcours: 54 km  ;  Total: 222 km
Statistiques effacés par mégarde.

Je fais le tour du cadran et je suis r√©veill√©e par la chaleur. (Je commen√ßais √† prendre go√Ľt au chant du coq).

Toujours ce m√©lange de contradictions. Ce voyage est √† la fois magnifique et terrible. J’arrive au bateau pleine de transpiration, de poussi√®re et d’insectes qui collent √† ma peau.

Il y a eu ce douanier √† la sortie du pont de Tancarville qui me fait traverser la p√©age en arr√™tant toutes les voitures, sifflet √† la bouche, et moi derri√®re √† pousser mon v√©lo, nous discutons du monde, l’uniforme donne un aspect rafra√ģchissant √† la situation.

Pont de Tancarville
Le chargement

Si√®ge de l’agence CMA CGM qui me certifie que je peux rentrer sans autorisation, sur place √©videmment, pas moyen de rentrer autrement qu’en taxi sp√©cial (alors que le bateau est √† moins de 50m derri√®re la barri√®re). Apr√®s n√©gociations, on charge mon v√©lo dans un v√©hicule CMA CGM et nous d√©pose au pied du Fort Saint Pierre, le cargo sur lequel je vais embarquer.

Le bateau est immense. 197 m√®tres de long, capacit√© de 2200 containers, je vous √©pargne le poids et les tonnes de fioul qu’il faut charger pour faire la travers√©e! L’√©quipage, roumain pour ce que j’en vois, est adorable, monte mon v√©lo et mes bagages √† bord. Stelian, le gar√ßon passager (?!) me fait visiter les ponts, visite et exploration plus approfondie demain!

Départ demain également. Je mange avec Inge, une passagère allemande qui passe un mois entier sur le bateau.

Enfin une douche!!!

Je suis à bord. Tout va bien.

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Départ

“Demain, je m‚Äôen vais traverser la Chine √† v√©lo. Et qu’importe si je n’y arriverai pas, tans pis si ce sera dur. Moi, ma vie j’ai jamais voulu la vivre pour un salaire ou pour r√©fl√©chir sur les pistes d‚Äôam√©lioration de la formation professionnelle. Un appart‚Äô, √† manger, des week-ends, la sant√©, des amis, encore mieux de l‚Äôamour. Maintenant donnez-moi de l‚Äôair. Mon t√©l√©phone vibre davantage que moi, √ßa ne va pas du tout.

Je ne sais pas si aller voir plus loin que le bout de mon nez va me mener bien loin. Je sais qu’apr√®s avoir fait le tour du monde, je reviendrai au village natal (celui o√Ļ sont enterr√©s les miens). Mais j‚Äôen ai juste envie, juste besoin. C’est anecdotique, c’est un peu path√©tique, mais j‚Äôy vais quand m√™me.”

François Picard, Le temps du Pollen

Demain je prends la route. Je rejoins la mer pour qu’elle nous m√®ne, mon v√©lo et moi, √† travers l’horizon et au d√©l√†. Traverser l’oc√©an voir ce qui s’y trouve derri√®re. Embarquer sur ce village flottant, au milieu des marchandises et de ceux qui les am√®nent √† bon port. Je vais quitter √† l’aube la ville et ses lumi√®res.

Je tournerai une derni√®re fois la cl√© dans la serrure, je chargerai mon v√©lo sur mon dos pour descendre les escaliers, et dehors, en cette matin√©e de juin, je donnerai le premier coup de p√©dale. Celui qui retentira comme le tir des balles √† blanc du pistolet de d√©part, pour une course sans but, et sans chronom√®tre. L’adr√©naline laissant son empreinte, profonde.

Il n’y aura alors plus rien. Il n’y aura plus le stress des pr√©paratifs et toutes les tracasseries du quotidien, les d√©tails qui nous perdent, il n’y aura plus le doute sur ce qu’on fait et sur comment le faire. Il n’y aura plus la peur.

Il n’y aura que moi, mon v√©lo, et la route qui s’√©tire √† perte de vue.